jeudi 23 décembre 2010

Elle est là !!!!!!

Enfin nous la tenons dans nos bras, nous l'embrassons, nous nous gavons de ses sourires, de ses rires, de son odeur de soleil, de ses calins. J'ai eue l'impression quand elle s'est blottie contre moi qu'elle nous avait toujours attendu. Aucune peur, juste un regard qui découvre, que du bohneur et de la douceur, et beaucoup de coquinerie adorable. Il y a plein plein de choses à dire mais nous récupérons tout doucement, je vous en dirai plus très bientot en photos. :))))

samedi 18 décembre 2010

Enfin !!!




Le Sai vient de nous appeller, ils ont affréttés 2 vols pour rapatriés en aller et retour (sur 24h) un parent par enfant, vol direct, 3 heures sur place, retour. Et nous sommes sur la liste !!! Comme un seul parent est accepté sur le vol c'est Hervé qui logiquement a gagné son billet, (je suis fièvreuse et sous antibiotique depuis 3 jours ... donc le choix a été rapidement déduit, bien que j'aurai bien aimé être là aussi). Je l'accompagne mardi matin à l'aéroport et je dors à paris le mardi soir et le lendemain matin si Dieu le veut (expression haïtienne :), je retourne à l'aéroport accueillir les deux amours de ma vie. J'ai du mal à croire que je ne rêves pas... Nous venons de monter le petit lit dans notre chambre, tout est là, tout est prèt, pour recevoir notre rayon d'amour !

vendredi 3 décembre 2010

Interview



Interview d'Emmanuelle Guery* sur le magazine "le point.fr"
(*porte parole du collectif SOS enfant adoptés Haïti)

3 decembre 2010

Au moment du séisme en Haïti, mille vingt enfants étaient en cours d'adoption par des familles françaises. Contrairement aux autres pays adoptants, la France a ralenti les procédures et refusé toute évacuation d'urgence. Six enfants, parmi les adoptés, sont morts. Et presque un an après le séisme, aujourd'hui que le choléra sévit sur l'île, il reste encore sur place trois cent vingt enfants.

Le Point.fr : Quel âge ont les trois cent vingt enfants qui sont encore sur place et dans quelles conditions vivent-ils ?

Emmanuelle Guerry : La majorité d'entre eux a entre six mois et trois ans. Ils ont longtemps vécu sous des tentes, ils sont heureusement maintenant dans des bâtiments en dur, mais dans des espaces beaucoup plus réduits qu'avant le séisme. Le personnel des crèches est en outre très éprouvé par la catastrophe et le choléra : cela a forcément un impact sur les enfants.


Certains de ces enfants ont-ils déjà été touchés par le choléra ?

Oui. Une des crèches a été touchée, mais l'ambassade de France a heureusement fait très vite pour sortir les enfants et les faire soigner. Le choléra est partout dans l'île et se propage à une vitesse très inquiétante. Dans cette crèche, dès le deuxième jour, il y avait déjà dix nouveaux cas supplémentaires.


Quelle est leur situation juridique ?

Tous ont été attribués à une famille avant le séisme. La moitié d'entre eux ont leur jugement d'adoption, c'est-à-dire qu'ils portent déjà le nom de leur famille française : ne leur manquent, pour la rejoindre, qu'un passeport et un visa. L'autre moitié est en attente de jugement, à des stades de procédure très différents. Beaucoup, en tout cas, sont en cours d'adoption depuis très, très longtemps. Il y a un enfant qui a été attribué à une famille il y a quatre ans... Le Quai d'Orsay, du temps de Bernard Kouchner, a fait le choix de l'envoi des enfants au compte-gouttes plutôt que de l'évacuation générale et rapide.


La France est-elle la seule à avoir choisi cette voie ?

Absolument. Tous les pays adoptants, sans exception, qu'il s'agisse des États-Unis, du Canada, de l'Espagne ou des Pays-Bas, ont trouvé un accord avec le gouvernement haïtien dans les deux mois qui ont suivi le séisme pour évacuer les enfants qui étaient en cours d'adoption par leurs ressortissants. Dans de nombreuses crèches, les enfants sont tout de suite partis pour leur pays d'adoption, et ne restaient, et ne restent encore, dix mois plus tard, que leurs petits camarades adoptés par des Français... Parmi eux, six sont morts.


Parmi eux, six sont morts. De quoi sont-ils décédés ?

La plupart sont morts de septicémie. S'ils avaient rejoint tout de suite leur famille française, ils n'auraient pas contracté de maladie, ou bien ils auraient été soignés correctement. Bernard Kouchner a préféré garantir leur sécurité juridique avant leur sécurité tout court. Le ministre qui lui succède, Michèle Alliot-Marie, s'est engagé à débloquer la situation et à signer l'accord qu'ont signé il y a dix mois avec Haïti tous les autres pays. Enfin...

Vous avez donc bon espoir aujourd'hui ?

Nous sommes satisfaits du changement de politique. Mais nous restons très vigilants.


Votre enfant est arrivé en juillet dernier. Depuis combien de temps attendiez-vous et comment cela se passe-t-il entre vous ?

La procédure d'adoption avait commencé en janvier 2008 et il m'a été attribué en juillet 2009. Depuis qu'il est ici, tout se passe bien. Le psychiatre Pierre Levy-Soussan veut faire croire dans vos colonnes (voir Le Point actuellement en kiosque) que les enfants arrivés en urgence en France vont mal, mais j'ignore sur quoi il s'appuie. Quelques heures passées à l'aéroport pour assister à l'arrivée d'enfants épuisés par le voyage et forcément choqués par ce qu'ils ont vécu ? C'est un peu léger. Grâce au collectif, nous avons en revanche une bonne vision d'ensemble, et je peux vous dire que les enfants vont bien. Ils ont les soucis inhérents à toute adoption, pas plus. Et ils sont vivants.

Une semaine après ...

Une semaine d'attente après l'annonce de Michèle Alliot Marie que tous les enfants adoptés d'Haïti seraient rentrés avec leur famille en France avant la fin de l'année ... nous sommes le 3 décembre et rien ne semble bouger. Les parents adoptifs sont très inquièt. Nous esperons que ce silence est le signe que bcp de personnes travaillent à cet accord entre les deux pays et pour qu'il soit signé. Nous savons qu'un accord a été trouvé le week end dernier dans un échange de lettres inter-gouvernementales, maintenant il faut qu'il soit signé par des personnes du gouvernenement Haïtien - qui actuellement après l'anéantissement du séisme, les ouragans et l'épidémie de choléra est complètement submergée-, et de plus, après les votes présidentielle du 28 novembre en plein chamboulement politique. La population et certains candidats présidentiels menaçent d'une révolution dans le pays, prostestant que l'on aurait empéché les gens de voter (certains bureaux de votes fermés ou occupés de force, les personnes n'ayant pas pu obtenir leur cartes d'identité, falcification des bulletins de vote au dernier moment à l'intérieur des bureaux ect..).
Egalement dans ce contexte déja très difficile, les adoptants redoutent que des responsables du Secr. pour l'adopt. intern. français n'aient une fois de plus posé des exigences ingérables pour les haïtiens concernant la sortie du territoire des enfants : En février dernier, ils avaient déja fait échouer une commission franco -haitienne pour organiser un rapatriement rapide des enfants, en exigeant un ministre, un juge et un membre du staff de l'IBESR (la DASS haïtienne) totalement dédiés à la fameuse commission qui n'a jamais pu voir le jour ... autant dire qu'au mois de février en plein après séisme (18 jours après !) les haïtiens n'avaient aucun moyen de satisfaire à cette exigence de la France, et qu'aucune commission n'avait pu voir le jour...
Je recopies ici le message d'un des portes paroles pour les enfants adoptés d'Haïti qui résume parfaitement la situation : "Aujourd'hui il n'y a plus de choix pour assurer l'adoptabilité de l'enfant/ son identité et la votre au bout du monde de 320 gamins, il ne reste que la solution US ou canadienne. Chaque creche descend sur appel avec ses enfants et ses dossiers et une personne ambassade/ une personne UNICEF et une personne IBESR valide identité de l'enfant, acte de naissance/acte d'abandon/ consentement à l'adoption/ jugement s'il existe... procéde à l'enregsitrement: met un bracelet à l'enfant avec ses noms et prénoms (les siens et les votres), scelle le dossier avec les coordonnées identiques et parque l'enfant dans la bache départ et passe au suivant.... quand un vol est plein on descend tout le monde sur le tarmack et on refait le contrôle dossier/bracelet....et embarquement
Pour les US l'évacuation d'un vol de 70 gosses c'était plus d'une dizaine d'heure de boulot à l'ambassade et plusieurs heures avant le vol. Entre la descente d'une creche et son embarquement il se passait courament 24 heures avec les enfants dormant et mangeant sous les grandes tentes US! Donc déjà comme cela, l'évacuation
de nos 320 gosses en version "unicef et La haye compliant" cela représente pour l'ambasade une bonne 10aine de jours de boulot non stop sans doute plus vu l'étalement des creches ! Mais au delà des mensonges dont nous avons déjà été bercé souvent sur les modalités pratiques des retours, ce qui nous intéresse c'est surtout la signature de cette lettre inter-gouvernementale qui factualisera la volonté politique. Après elle, tout est possible même trois avions et des enfants reconnus et accompagnés par l'ambassade. Même une évacuation pourrie sur 100 jours parce que c'est débrouillez vous! J'espère que ce sera pour cette nuit ou la prochaine. Plus on s'approche du 7 et des résultats plus cela va être dur !"
Personnellement, nous tenons à saluer la présence d'esprit et le sérieux de Mme Alliot Marie qui a fait installer un camps médical, qui en cas d'épidémie peut accueillir 350 enfants dans le domaine de l'ambassade française, mais il faut faire très vite maintenant ! Espérons que tous nos enfants soient sauvés à temps.

jeudi 25 novembre 2010

Une photo de notre pucette



Une photo de notre petite fleur prise en Aout, et qui nous a été envoyée avant hier. Notre petit coeur semble nous appeller du regard sur cette photo, et elle est tellement adorable avec son joli bandeau. Sans doute depuis 4 mois elle a du changer encore.
Les négociations sont toujours en cours, on en saura surement plus d'ici vendredi soir à samedi. Le collectif de SOS enfants adoptés Haïti a un RDV avec le ministère des aff. etrang. demain.

mercredi 24 novembre 2010

Jugement d'homologation signé et espoir

Un mot pour annoncer que notre jugement d'adoption est enfin signé et que notre petite puce est enfin officiellement notre fille et cela depuis le 8 novembre. Le dossier a encore le stade des légalisations à passer, mais il se pourrait que les négociations actuelles de notre nouveau ministre des aff. etr. nous fassent eviter cette étape et gagner directement la case passeport/visa dans les semaines à venir. Une négocation a lieu en ce moment entre les deux pays pour une accélération "de tous les enfants ayant deja les jugements (environ 70)" visant à leur faire delivrer un passeport dans les plus bref delais, puis ensuite pour tous les autres enfants restant à des etapes plus éloignées en procédure (environ 250 enfants), ceci afin que (je cite l'ambassadeur de france en Haïti et notre nouvelle ministre) : Tous les enfants en cours d'adoption d'avant le séisme soient dans leurs nouveaux foyers avant la fin de l'année. Depuis le remaniement ministériel nous sentons bien le changement, et que ces nouvelles personnes au pouvoir (ministre d'état changé pour Mr alain Juppé [qui s'est toujours déclaré pour le rapatriement des enfants dès le début] et nouveau ministre des aff. Etrang.)ont peut etre mésuré enfin la situation desespérée de ces enfants et leurs parents. Nous attendons d'en savoir plus...

mercredi 17 novembre 2010

Article de France Soir (témoignage de parents adoptants)

Haïti - "La bureaucratie a tué mon enfant"
Propos recueillis par Frédéric Helbert 17/11/10 à 09h01
Dix mois après le séisme, 320 enfants adoptés par des familles françaises restent toujours bloqués sur l’île.


L'épouse de Jean-Pierre Pichoud et le petit Donaldson, aujourd'hui décédé © Frédéric Helbert

La demande des familles d’un rapatriement d’urgence, formulée il y a dix jours auprès du service de l’adoption internationale (SAI), s’est heurtée aux mêmes arguments. Il faut agir dans le respect de la légalité et de la souveraineté haïtienne. Le SAI a assuré à Emmanuelle Guerry, présidente de SOS Haïti enfants adoptés que toute mesure préventive possible pour protéger les enfants du choléra seraient prises. Des médecins ont été envoyés en renfort. Mais les familles doutent que l’épidémie ne s’arrête aux portes des crèches. Elles réclament toujours, comme elles l’avaient fait avant l’arrivée de l’épidémie de choléra à Port-au Prince, un plan d’évacuation et un accord de traitement global de tous les dossiers. Elles sont venues le dire aujourd’hui lors de la passation des pouvoirs au Quai d’Orsay entre Bernard Kouchner et Michèle Alliot-Marie, qui prend les rênes de la diplomatie française.
A ce jour, la France reste le seul pays à ne pas avoir, contrairement à tous les grands pays, évacué en urgence les enfants qui étaient en cours d’adoption avant le séisme.

Jean-Pierre Pichoud, 39 ans, enseignant, vit en Guadeloupe. Il est le père d’un des six enfants adoptés ou en cours d’adoption morts depuis le séisme, à Haïti, alors qu’ils auraient pu être évacués. J.-P. Pichoud et sa femme, qui est médecin, ont sonné l’alerte à plusieurs reprises, demandant l’évacuation d’un enfant, fragile, hospitalisé trois fois sans jamais obtenir de réponse favorable, jusqu’au décès de l’enfant, le 18 mai dernier. Sa femme et lui ont « survécu » grâce au combat qu’ils ont continué à mener pour faire sortir de l’enfer la petite Bediana, 2 ans, qu’ils avaient aussi adoptés.

Pour la première fois, J.-P. Pichoud fustige « l’arrogance, la froideur, le dogmatisme, l’éternelle volonté affichée par les autorités françaises de protéger « la sécurité juridique des enfants » plutôt que leur santé et leur survie.

S’il accepte de témoigner d’une histoire encore terriblement douloureuse aujourd’hui, et qui le restera à jamais, c’est avant tout pour aider toutes celles et ceux qui sont encore dans l’angoisse, attendant que leurs enfants puissent enfin quitter Haïti. « Nous ne voulons pas, dit J.-P. Pichoud, que la liste des victimes s’allonge et que le Quai d’Orsay continue à imposer la loi du silence. »

France-Soir. Pourquoi acceptez de témoigner aujourd’hui et de remuer des souvenirs si douloureux ?
Jean-Pierre Pichoud. Nous sommes toujours dans le combat. Il n’est pas question pour nous d’abandonner ceux qui traversent aujourd’hui une épreuve interminable, en sachant leurs enfants bloqués, menacés par le choléra, ou toute autre maladie. Et ce à la veille d’élections qui vont paralyser un système administratif haïtien déjà mal en point et peut-être générer des violences. Nous avons connu le pire : la mort d’un des enfants que nous adoptions. Un geste des autorités françaises aurait pu le sauver. Et puis l’arrivée de Bediana deux mois plus tard, puisque nous avions décidé d’adopter deux enfants. On a essayé de nous faire taire, on nous a traités de façon indécente, indigne. Aujourd’hui, les nouvelles d’Haïti, les risques encourus par les enfants, l’inertie des autorités françaises, tout cela ne peut nous laisser indifférents et repliés sur nous-même. Il faut que la France entière sache maintenant que des enfants sont morts et que d’autres vont mourir si rien ne bouge. C’est dur de parler. Ce serait encore plus dur de rester silencieux. Nous le faisons aussi en mémoire de Donaldson, l’enfant que nous avons perdu. Et qui aurait pu, aurait dû être sauvé.

F.-S. Car Donaldson avait survécu au séisme ? Vous vous souvenez de cette période ?
J.-P. P. Ça a été le début du combat. On a attendu de longs jours avant de savoir que nos enfants étaient vivants. Nous, on voulait alors les sortir de là. On a remué ciel et terre. On a écrit partout. On ne comprenait pas. Tous les grands pays évacuaient en urgence les enfants en cours d’adoption, remettant à plus tard les aléas de la procédure. Seule la France restait inerte. Mais on nous renvoyait toujours la même réponse : c’est Haïti qui bloque. Le Quai d’Orsay invoquait la sécurité juridique des enfants, alors qu’ils étaient en danger de mort. C’était ubuesque et terrible à vivre pour nous. On n’était pas des voleurs d’enfants. Nos dossiers étaient constitués. Les enfants devaient rentrer. Il fallait les rapatrier. La France n’avait pas les moyens d’assurer leur sécurité. Les communiqués se voulaient rassurants. C’était de la langue de bois. Pendant dix jours, après la catastrophe, la crèche Nid d’amour où étaient nos enfants n’a pas vu un officiel, ni reçu aucun secours. On était révoltés.

F.-S. Etiez-vous informé que l’état de santé de votre fils se dégradait ?
J.-P. P. La crèche nous donnait des nouvelles. Côté français, c’était le néant. On était très en colère. Donaldson a été hospitalisé deux fois. A chaque fois, j’ai alerté les services de l’adoption internationale au Quai d’Orsay. J’ai demandé une évacuation d’urgence. Je ne l’ai jamais obtenue. La troisième hospitalisation a été la dernière. C’est çà qui est terrible. Notre fils a survécu au séisme. C’est l’intransigeance bureaucratique française qui l’a tué. On ne l’oubliera jamais. Le seul personnel médical français qui soit jamais venu à la crèche, c’est un infirmier, même pas un médecin pour constater le décès.

F.-S. Qui vous a prévenu du décès de Donaldson ?
J.-P. P. Le 17 mai, la directrice de la crèche m’appelle et me dit que ça ne va pas. J’appelle partout. C’est une nounou de la crèche qui me précise que notre enfant est à l’hôpital, qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Je n’ai pas bien dormi cette nuit-là. Le lendemain, j’ai appelé le médecin de la crèche qui m’a dit que tout était fini. Que Donaldson avait succombé à une crise de septicémie foudroyante. Ça a été l’horreur pour nous. Quelques heures après j’ai appelé Paris. Ils n’étaient au courant de rien. Deux heures après, un médecin du service de l’adoption internationale m’a rappelé pour me demander ce qui se passait. Je lui ai dit alors que c’était terminé, qu’il n’y avait plus de raison de s’inquiéter puisque Donaldson était mort. C’est seulement après la nouvelle que l’ambassade a envoyé deux fois ses représentants à la crèche. Mais ils cherchaient surtout à se couvrir. En essayant de voir s’ils ne pouvaient pas impliquer la crèche, qui était pourtant irréprochable.

F.-S. Et vous-a-t-on présenté des condoléances, des explications, apporté un soutien ?
J.-P. P. Absolument pas. J’ai même le souvenir très précis de propos odieux. On m’a signifié qu’il n’y avait rien d’exceptionnel, que le taux de mortalité infantile était traditionnellement élevé. Je n’ai pas reçu de condoléances, aucune explication. On m’a dit deux heures après le décès, que l’enfant serait certainement mort aussi en France. Imaginez quand vous recevez un tel propos. Moralement, personne officiellement ne nous a aidés à surmonter, à comprendre. Moi, je sais qu’on a cessé d’alerter, de demander son rapatriement, je sais qu’il aurait dû et pu être sauvé. On s’est raccroché à l’idée qu’il fallait sauver à tout prix la petite fille qu’on avait adoptée aussi. Ça a été notre bouée de sauvetage. Sans cela, on aurait plongé totalement. Même aujourd’hui, alors que Bediana est avec nous, je sens que quelque chose s’est définitivement brisé en elle. En même temps, le lendemain du décès, j’étais tellement hors de moi que j’ai pris ma plume et que j’ai écrit aux quarante ministres de la République et au Président. Avec une photo du petit. Je leur ai écrit que nous ne demandions aucune aide. Que nous n’attendions plus rien du gouvernement de notre pays, que nous ne nous faisions plus aucune illusion. Je voulais juste les mettre en face de leurs responsabilités. Ce gouvernement portait la responsabilité de la mort de Donaldson. J’ai reçu des réponses types, écrites par des sous-fifres, et puis au service de l’adoption internationale du ministère des Affaires étrangères, on m’a fortement conseillé de ne pas médiatiser l’affaire, de ne pas parler de la mort de mon fils, sous prétexte que cela pouvait compliquer les choses. On a atteint alors le comble de l’odieux.

F.-S. Qu’est-ce qui s’est passé pour les obsèques de votre fils ?
J.-P. P. On n’y a pas participé. On nous a déconseillé d’y venir. Donaldson venait d’un quartier où les étrangers, et en particulier les Blancs, courent de gros risques. Aujourd’hui, je ne sais même pas où mon gosse est enterré. Je n’ai pas de photos d’une cérémonie. On n’a rien pour faire le deuil. On l’a juste rencontré une fois. Comment faire le deuil avec quelques photos ? Nous, on est obligé de vivre avec cela, ça pèse dans notre vie quotidienne, mais trois autres enfants sont morts après le nôtre. Dans les mêmes conditions. C’est un décompte macabre abominable. Et chaque décès nous replonge dans nos souvenirs et nous révolte. Comment notre pays peut-il se comporter ainsi ?

F.-S. Vous avez consacré toute votre énergie après la perte de votre fils, au « sauvetage » de votre petite fille qui était dans la même crèche…
J.-P. P. Ça a été un nouveau combat. Il a fallu se battre encore et encore. Durement. J’ai bataillé dans toutes les administrations. J’ai demandé un coup de main au consul de France. Je me souviendrai toujours de sa réponse : « S’il fallait donner des coups de fil pour chaque dossier, je passerais ma vie au téléphone. » Il m’a dit que j’étais un numéro parmi d’autres. Là, je suis devenu fou. Je lui ai rappelé le calvaire qui avait été le nôtre. Finalement, il s’est bougé. Mais ça n’a pas été facile. Il manquait toujours un tampon. Des « légalisations » de documents par notaires. Une paperasse invraisemblable. Comme si Haïti nous faisait payer le fait que nous n’ayons pas, au moment du séisme, évacué tous nos enfants comme tous les autres pays l’ont fait. Finalement, on a ramené Bediana. Elle va bien aujourd’hui. Elle est heureuse. C’est grâce à elle qu’on a tenu, mais on n’oublie rien. On en parle souvent. Les larmes coulent. Chaque jour, je me lève en me disant que Donaldson devrait être là aussi. Ça fait mal, très mal. Mais en face de nous on avait un mur, des gens sans humanité, poursuivis par le spectre de l’affaire de l’Arche de Zoé et opposés par principe à l’adoption internationale. Des gens complètement à côté de la plaque. Ils le sont toujours. C’est pour cela que je vous parle aujourd’hui.

F.-S. Aujourd’hui, comment vivez-vous ce qui se passe en Haïti ?
J.-P. P. Mal. Haïti est à deux pas. Il y a une forte communauté en Guadeloupe. Tous les jours, je regarde la télé et la colère monte en moi. Quand j’ai appris les autres décès, je me suis dit : “Mais comment est-ce possible ? Combien d’enfants succomberont ainsi avant qu’une diplomatie totalement inefficace jusqu’ici fasse son boulot ? Comment se fait-il que les gosses sortent au compte-gouttes, que les procédures s’alourdissent alors que les risques s’accroissent chaque jour ? Moi, j’ai décidé que je n’avais pas le droit dans ces conditions de baisser les bras et de me taire. Je me battrai aux côtés de ceux qui sont dans la galère jusqu’à ce que le dernier enfant soit sorti, et il faudra bien un jour que la France réponde des décisions qu’elle a prises et qui se sont révélées criminelles.”

samedi 6 novembre 2010

Ouragan Tomas, Choléra, glissement de terrain




voici un résumé des ultimes événement en Haïti ces dernières semaines, nous avons été encore une fois très inquièt et très déprimé en pensant à tous ces haïtiens dans la souffrance. Parfois on a l'impression que ces calamités ne vont jamais s'arrêtter, nous sommes désespérés pour eux, et pourtant ce sont eux qui nous montrent des leçons de courage au travers de tous ces drames, et qui essaient à bout de force de survivre. Que dire de plus ? ... plus que jamais la certitude de ne jamais les oublier et de toujours vouloir leur apporter l'aide qu'ils méritent, autant que cela sera possible selon nos moyens.
Nous avons eue notre petite chérie au téléphone avant hier, Il semble qu'elle adore le téléphone maintenant, et sa nounou la fait bien parler. Entendre sa voix même quelques instant nous donne une force et une joie incroyable. Ce sont des moment magiques, comme entourés d'un halo de rayon de soleil :). Elle va bien, et question procédure il semble que notre dossier de jugement ai été signé et va doucement vers son chemin d'aboutissement.
Il y a eue un problème avec la procuration que nous avions donné au directeur de crèche, à cause d'un mot (notre procuration contenait le mot "notre" enfant, alors qu'elle ne l'ai pas encore ...) et le commissaire pour cette raison refusait de la signer ... L'avocat a donc rajouté le nom de famille et a réussi à le convaincre. Voilà un détail qui nous a couté encore quelques semaines ... et surtout que la procuration nous avait été donné scannée avec le texte déja écrit par la crèche ... nous avions juste signé. Quoi que l'on fasse il y a toujours des choses, des détails pour lesquels on ne peut rien, il faut s'y resigner.

Voici donc le compte rendu journaliste sur les derniers évènements :

"L'ouragan Tomas a balayé Haïti vendredi, entraînant des pluies diluviennes dans certaines parties du pays frappées par une épidémie de choléra et qui peine encore à se remettre du séisme dévastateur de janvier dernier.

Tomas, accompagné de vents de 120 km/h, a surtout frappé la péninsule sud du pays, dont les villes de Les Cayes, Jacmel et Léogâne. D'importantes inondations et des glissements de terrain sont rapportés.

À Léogâne, qui avait été presque complètement dévastée par le tremblement de terre de janvier, les rues sont recouvertes par un mètre d'eau.

Tomas a également touché Port-au-Prince, transformant les rues en champ de boue. Vendredi soir, la pluie a heureusement presque complètement cessé de tomber sur la capitale.

Par mesure de précaution, les écoles, administrations, banques, et l'aéroport avaient été fermés.

Toujours par précaution, les autorités, avec l'aide de l'ONU, avaient évacué des familles vivant dans les quartiers à risque de la capitale et dans les camps hébergeant des centaines de milliers de sinistrés du séisme de janvier dernier.

Les autorités haïtiennes et les organisations humanitaires s'affairent présentement à évaluer l'ampleur des dégâts et le nombre de sinistrés afin de distribuer eau, nourriture, couvertures, tentes et reconstruire des abris. La tâche s'annonce cependant ardue puisque plusieurs villes et villages sont inaccessibles.

Pour l'instant, le bilan provisoire fait état d'au moins trois morts.

Tomas se dirige maintenant vers le nord-est en direction des Bahamas et des îles Turks et Caïcos, où des alertes cycloniques ont été lancées, selon le Centre national des ouragans américain (NHC).

Les experts s'attendent à ce qu'il se renforce.

Même si le pire semble avoir été évité en Haïti, la pluie pourrait continuer de tomber pendant plusieurs heures sur le pays et compliquer les opérations de secours.

Tomas était devenu un ouragan de catégorie 1 vendredi matin.

Un pays en état d'alerte

Les autorités haïtiennes étaient en état d'alerte depuis une semaine en prévision du passage de Tomas.

Elles se sont préparées à évacuer en cas de besoin ces milliers de réfugiés qui vivent dans des camps de fortune depuis des mois.

Le gouvernement a lancé de nombreux avertissements à la population, demandant aux Haïtiens de se mettre à l'abri, dans des lieux sécuritaires comme des écoles, des bâtiments publics ou chez des proches. La plupart des Haïtiens interpellés sont cependant restés sur place, soit pour protéger leurs quelques biens, soit parce qu'ils n'ont nulle part où aller.

Le choléra menace

Le gouvernement haïtien et les ONG présentes dans le pays redoutent également une aggravation rapide de l'épidémie de choléra qui sévit dans le pays. Près de 500 personnes en sont mortes dans le pays au cours des dernières semaines et des milliers d'autres ont contracté la maladie.

Le choléra étant une maladie qui se transmet par la contamination des sources d'eau potable, le gouvernement haïtien redoute que les fortes pluies et les inondations en accélèrent la propagation, notamment dans les camps de réfugiés, où les conditions sanitaires sont souvent défaillantes.

Vendredi après-midi, le président haïtien René Préval a d'ailleurs demandé à la population de ne pas baisser la garde, après le passage de Tomas. « Les fortes pluies et rafales de vent de l'ouragan Tomas, provoquant de dangereux glissements de terrain et de fortes inondations, pourraient encore aggraver l'épidémie de choléra. Restez vigilants », a-t-il déclaré."

Radio-Canada.ca avec
Agence France Presse et Reuters

mercredi 20 octobre 2010

Bon anniversaire ma petite fleur !



Voilà ... Notre petite puce vient d'avoir 2 ans hier, et nous sommes toute en pensée auprès d'elle. Nous n'arrivons pas à joindre la crèche depuis 2 semaines, (à cause des élections présidentielles à la fin du mois les lignes teléphoniques sont coupées ... pour que les gens ne puissent pas organiser des manifestations anti- election, ou anti-gourvernementale, nous a t on dit), alors nous n'avons pas pu lui dire ce bon anniversaire. Nous avons donné une poupée pour elle, des nouvelles photos et une petite carte ... mais nous ne savons pas quand elle les aura en mains. Mais nous savons que les anniversaires sont fêtés à la crêche pour chaque enfant, ... un gateau à partager entre tous avec une bougie au centre, et des bombons et des bouteilles de soda sucré. Pour ces enfants c'est un luxe qu'ils ont rarement et qui les rend très heureux. Avec un peu de musique, j'imagines qu'ils dansent et s'amusent avec leur joie de vivre habituelle. Bon anniversaire ma petite princesse, nous espérons que très bientôt nous pourrons fêter tes anniversaires tous en famille. Plein de bisous d'amour !!! Nous t'aimons très fort.

lundi 11 octobre 2010

Meilleures nouvelles + photos






Alyssia et Bobo (un an de différence) son petit compagnon de crèche.







Des nouvelles plus rassurantes concernant notre jugement. Ce n'est pas le jugement qui est à refaire, mais sa sortie qui est retardée, car un parcours de signatures avec de nouvelles personnes est demandé. Donc une question d'une à deux semaines (peut etre plus?).
Nous avons reçu ces magnifiques photos de notre petit trésor et son sourire nous a fait complètement, littéralement, craqué. C'est la première fois que nous la voyons sourire sur une photo et cela nous a rendu très très heureux. Quelle est adorable notre pitchoune, avec son beau sourire taquin :) !! Nous nous rapprochons ma petite puce d'amour et le chemin à parcourir n'est maintenant vraiment plus très long et nous nous sentons de plus en plus proche de toi. Plein de bisous d'amour mon petit coeur !

samedi 2 octobre 2010

Grosse déception

Un mail de notre avocat à Haïti nous a appris que notre jugement n'avait pas reçu les signatures necessaires à sa valibilité. La juridiction où notre dossier est passé et signé par le doyen, a subit d'importantes réformes (quelles reformes ? on n'en sait pas plus ! ...) et donc le jugement n'a pas été légalisé, il n'est même jamais sorti, et le commissaire judiciaire a même exigé que la procédure du jugement soit refaite. Donc retour à la case départ comme si l'on sortait du parquet ... il y 5 semaines ! On s'attendait à tout sauf à ça ... Surtout nous n'aurions jamais pensé qu'un jugement juridique rendu pouvait être tenu pour quaduc... Pourquoi signer des jugements si c'est pour les refuser ensuite ? Pourquoi n'avoir pas avertit l'avocat ? Nous venons d'attendre presque 1 mois et demi pour rien ... encore des mois de perdus qui s'ajoutent à des tas d'autres (qui auraient pu être éviter). Et surtout le plus dur au point de vue moral, c'est que d'un jour à l'autre, Alyssia qui était déclarée notre fille ne l'est plus !! ... C'est tellement sidérant que je ne trouves rien de plus à ajouter ... A part peut-être que j'espère que la procédure pour le nouveau jugement ira rapidement (le dossier etant déja prêt, et étant déja passé une fois). Un bon geste de leur part serait tellement bienvenu, ma fille dans sa crèche le mérite bien, elle va avoir 2 ans dans une quinzaine de jours et c'est le deusième anniversaire que je regrettes de ne pas pouvoir passer auprès d'elle. Tous ces moments perdus que l'on doit à l'état français et son blocage des adoptions, l'état Haïtien et ses changements judiciaires, la crèche (qui ne nous a pas offert l'hospitalité en Aout comme nous l'espérions), fait que l'on a même pas eu encore la consolation de la tenir une fois dans nos bras, la connaître un peu pour couper cette attente interminable, et lui donner ce sentiment tellement vital d'avoir une famille dans sa vie. Bref notre moral n'est pas au plus haut, heureusement l'aménagement de notre nouvelle maison nous change les idées. Notre petit chien est heureux et s'est déja totalement approprié le jardin, dix fois trop grand pour lui, et semble comme un prince dans son domaine à chaque fois que nous l'emmenons là bas. D'ici deux mois les travaux d'emménagement seront finis et nous pourrons poser nos chaussures devant la porte. En attendant il y a un millier de choses à faire (papier peint, peinture, sols, isolation...) bref de quoi s'occuper !

mercredi 15 septembre 2010

2 nouvelles photos !




Nous sommes aujourd'hui très heureux ! Marion qui était à Haïti pour aller voir sa fille à la crèche, (et qui en a profité pour faire avancer le dossier elle même, jusqu'au bout, et revenir avec elle... un exploit!), a pris deux photos de notre petite puce (avec les 5 mn qui lui ont été accordée par le directeur) donc ... a fait très vite, et lui a remis notre lettre (qu'elle tient dans la main), et puis un petite portrait rapide. Vu le peu de temps qu'elle avait pour prendre les photos, je les trouves très bien. Notre petit coeur marche très bien à ce qu'elle nous a dit et parait en forme. Elle etait timide pour la photo, (ce qui est bien normal, elle a du être impréssionnée par cette visiteuse qui demandait à la voir...), et est parait il vraiment adorable. Nous ne savons pas si Marion a eue le temps de lui lire la lettre, nous en saurons plus bientot. Elle si mignonne, parait si fragile et je ne peux pas faire autre chose que de la regarder... alors que je donnerai tant pour pouvoir la prendre dans mes bras et la caliner. Alors il faut encore patienter, bientôt, bientôt.

mardi 7 septembre 2010

photos d'Aout 2010









Voilà après 4 mois sans photo, enfin, nous en avons reçu trois photos de notre princesse, et on a complètement fondu en les voyant. J'ai l'impression que ses "joues" de bébé sont parties, elle devient plus petite fille. Vivement que nous puissions lui donner un super régime spécial vitaminé et complet, mais il va falloir encore attendre pour cela. Tout de même ces photos prises par une personne de la crèche nous font super plaisir. Désolée pour la qualité des photos (de portable), mais celles qu'on avait recues en mai étaient encore pire, toutes floues, des photos de portable quoi. Maintenant, comme tous les adoptants, quelque soit la qualité de photos, nous avons pris cela comme de l'or. les plus belles photos d'Alyssia qu'on a eu sont celles d'avril, que des amis adoptants sur place, ont pris pour nous. Sans eux, nous n'aurions presque aucune belle photo souvenir de notre puce à cet âge là, et je les remercies encore. Voila je refermes cette note, pour vous laisser regarder notre jolie petite fleur qui nous fait complètement craqué avec sa belle robe bleue.

mardi 31 août 2010

Le jugement !



Aujourd'hui nous avons une grande nouvelle à vous annoncer, nous attendions ce moment depuis de si longs mois : le jugement officiel a été prononcé il y a quelques jours, Alyssia est notre fille !!! Juste à ce moment où j'écris ces lignes un grand rayon de soleil entre dans le salon ... et c'est tout a fait ce que nous ressentons ! Un grand soleil qui réchauffe nos coeurs, un poid énorme en moins. Evidemment la procédure n'est pas terminée, c'est encore une question de deux mois à quatre mois (controle et légalisation de l'acte d'adoption, demande de passeport, visa, ect), mais le plus gros est fait :D. L'avocat qui s'occupe du dossier est vraiment sérieux et rapide, comme je l'avais déja dit, c'est vraiment quelqu'un de bien, et ça nous fait un bien fou. J'ai rêvé d'elle cette nuit, ... c'était une petite fille dans un transat que je recouvrais d'une couverture pour la protéger du froid, je crois bien que c'est la première fois que je rêve d'elle, c'est sans doute que nous nous rapprochons l'une de l'autre. En attendant nous préparons notre déménagement prévu pour l'automne, pour notre nouvelle maison avec le joli jardin pour la petite puce. Tous les jours je fais quelques cartons, et j'ai l'impression de n'avoir rien fait quand je vois tout ce qu'il reste ... mais peu à peu cela se fait. Nous attendons impatiemment de nouvelles photos et des nouvelles de notre petite fleur. Cela ne saurait tarder maintenant.

mercredi 18 août 2010

La saga des combattants de l'adoption en photo









http://www.lepost.fr/article/2010/08/18/2187324_haiti-la-saga-des-combattants-de-l-adoption-retour-en-images-diaporama.html

Regarder cette dizaine de photos m'a beaucoup beaucoup ému, il résume ce que les adoptants en Haïti ont traversé depuis 8 mois, et met bien en avant les portes paroles du collectif qui se sont battus pour nous et leurs enfants. Les dernières photos sont tout a fait explicites de ce que deviennent les enfants lorsqu'ils ne sont pas adoptés, et refusés par les crèches, abandonnés par leurs familles ... (et tous ces enfants qui dorment à même l'asphalte dans les rues abandonnées ... ce n'est pas l'UNCEF qui les prendra en charge jusqu'à leur age adulte... malheureusement).
Ce qui les attends est très sombre : prostitution dès 12 ans, enrolés dans des gangs mafieux comme main d'oeuvre à tout faire (les sales besognes, vols, kidnattping ou pire), ou bien esclave domestique ("restavek" en haitien (vendu à une famille pour une poignée d'argent ils font tout le menage de la maison et dorment par terre dans un coin, mange par terre, et sont souvent fouettés s'ils se rebellent, attachés à une chaine la nuit et le jour pour eviter la fuite... jusqu'à leur majorité). Voilà ce qui attendent ces petits enfants s'ils ne sont pas pris en charge par des organisations d'adoptions pour une meilleure vie, alors il faut comprendre que devant cette réalité (plus d'un million d'orphelins en Haiti) l'adoption est la seule solution actuelle digne que l'on puisse offrir.
Ceux qui pronent de laisser les enfants dans leurs pays les condamnent directement, car les familles avec une moyenne de dix enfants par foyer, et n'arrivant pas à subvenir aux derniers nés les abandonnent (s'ils survivent...) à leurs propres moyen dans les rues des grandes villes. Affirmer qu'ils ont quand même une chance de s'en sortir est un mensonge abhérrant, je penses que c'est une idée intellectuelle bourgeoise de personnes n'ayant jamais mis les pieds dans les quartiers de tole de ce pays, ou l'on voient des petits enfants en grappe, sans vêtements, errer dans les rues à la recherche d'un bout de nourriture.
Ne nous fermons pas les yeux, pour eux il n'y a pas de retour possible vers une famille biologique. Les aider c'est aider des organisations sur place biensur, aider financièrement, bénévolement, parainner des enfants comme des projets, ... mais, cela ne suffit pas, les organisations sont débordés et ne peuvent gerer qu'un faible pourcentage d'enfants dans le besoin, les enfants abandonnés dans ce pays sont tellement nombreux que l'adoption est un devoir d'urgence.

samedi 14 août 2010

Parquet

Nous avons appris durant la semaine que notre dossier d'adoption était sorti du parquet, ce qui pour notre procédure est un grand pas en avant :D. Selon l'avocat (une personne dont je ne peux que faire la louange), nous pourrions d'ici une dizaine de jours avoir une très bonne nouvelle (le genre de nouvelle où l'on peut pousser un grand soupir de soulagement et se mettre à faire des projets :), mais nous gardons la tête froide et attendons de voir... Nous avons appris avec Haïti à ne prendre les choses qu'une à une sans échaffauder de suite, car là bas tout est si instable !
D'ici la fin du mois nous esperons également quelques photos peut être ... les premières nouvelles photos depuis 4 mois ... et les petits évoluent si vite à cet age que nous trouverons surement notre petite chérie encore bien changée.
On attend toujours trop longtemps lorsqu'il s'agit d'un petit enfant en institution... tout le reste n'est que blabla et paperasses de politiciens francais ... l'enfance cela ne se remplace pas, c'est le pilier de la vie. Je suis toujours plus éffarée de découvrir combien de gens profitent de la situation de ces petits pour faire valoir des idées politiques ou en faire un fond de commerce ou autre. Vivement que notre petit coeur soit là que l'on oublie tout cela (du moins pour un temps car on ne pourra jamais oublier ce pays, ni l'aide que l'on doit leur donner).
Les portes paroles du collectifs SOS haïti enfants adoptés ont pu après 8 mois de lutte avec le gouvernement français, débloquer un peu la situation, et pouvoir enfin revenir avec leurs enfants. Pour certains cela leur a couté toutes leurs economies (plusieurs voyages aux caraibes, les pensions, les frais sur place ect), certains parents ont même abandonner leurs travails pour sauver leurs enfants et rester sur place dans les crèches, le temps qu'ils soient hors de danger, et faire avancer leurs dossiers eux memes avec les directeur de crèche et avocats. On peut dire qu'ils ont eue la bonne décision ... car 5 enfants d'adoptants sont morts dans les crèches depuis janvier, de maladies et mauvaise nutrition. Ces parents adoptants ont vraiment souffert car ils ont dû non seulement faire le travail que le gouvernement français ne fesait pas, mais ont du aussi se battre contre lui, et protéger leur enfants dans des situations extrèmement difficiles, démunis de tout.
Sortir de ce marasme, et être uni en famille, c'est tout ce que l'on demandait, cela aurait pu etre fait et tout en respectant l'ethique. Apparament la France qui se permet de donner des leçons de morale et de justice aux autres pays ne les applique pas pour son propre pays... tout pour la façade mais rien dans le concret. Nous c'est la leçon qu'on retiendra de notre epoque actuelle, en attendant mieux biensur...

mercredi 21 juillet 2010

article dans le nouvelilist (journal haitien)

Article Koubbi et Guerry dans le nouveliliste

Près de 60 enfants prêts à retrouver leur famille d'accueil

Les efforts de SOS Haïti enfants adoptés, une association regroupant les parents
adoptifs de 500 enfants haïtiens, commencent à porter fruit. Une soixantaine
d'enfants du groupe en attente depuis le séisme du 12 janvier pourront retrouver
cette semaine leur famille d'accueil en France.

Haïti: En dépit des promesses des plus hautes autorités françaises et
haïtiennes, les 500 enfants haïtiens dont les dossiers d'adoption étaient en
cours avant le 12 janvier, n'arrivent toujours pas à laisser le pays. L'avocat
de SOS Haïti enfants adoptés, Me David Koubbi, accompagné de la présidente de
l'organisation, Emmanuelle Guerry, a dû se rendre en Haïti la semaine écoulée
pour tenter de débloquer les dossiers. « Notre effort est payant », a déclaré,
l'air satisfait, David Koubbi, avant de laisser le pays samedi dernier.

Me David Koubbi, qui dit défendre gratuitement les 500 familles françaises-
réduites à 497 à cause du décès de trois des enfants-, a félicité la bonne
volonté des autorités haïtiennes qui a permis le déblocage du dossier en une
semaine. « Les blocages n'étaient pas du côté des Haïtiens, a-t-il expliqué.
Toutes les autorités haïtiennes nous avaient reçu avec plaisir. Le président
René Préval et plusieurs des ministres du gouvernement avaient reçu la
délégation à maintes reprises ».

Contrairement aux déclarations des autorités françaises qui mettaient toujours
en avant le respect de la souveraineté d'Haïti pour se défendre des retards
constatés dans le traitement des dossiers des enfants adoptés, Me Koubbi dit
constater que le gouvernement haïtien avait pris toutes les mesures nécessaires
pour permettre aux enfants de retrouver leur famille d'accueil en France.

60 des enfants, selon les responsables de SOS Haïti enfants adoptés, sont
quasiment prêts à laisser le pays. Etant déjà en possession de leur certificat
d'homologation, ils n'attendent que la délivrance de leur passeport pour laisser
le pays. Cette dernière étape dans le dossier d'adoption ne devrait durer que
quelques jours. Car, d'après David Koubbi, les autorités se sont engagées à
livrer les passeports, environ huit jours à partir de la date du dépôt des
pièces. « Ceci montre la volonté du gouvernement haïtien à faire avancer les
choses », a précisé Emmanuelle Guerry, présidente de l'organisation créée au
lendemain du séisme du 12 janvier.

Même si aucun des 497 enfants adoptés ou apparentés à des familles françaises ne
foule pas encore le territoire français, les membres de la délégation ayant
séjourné dans le pays veulent prendre les autorités haïtiennes et celles de la
République Française au mot en déclarant que le dossier est débloqué. «
L'ambassade de France en Haïti a bien joué son rôle dans le dossier », a déclaré
Me Koubbi. L'ambassadeur Didier Le Bret et ses collaborateurs, a-t-il poursuivi,
prenaient le soin de nous mettre en contact avec les plus hautes autorités
haïtiennes, dont le président Préval, le ministre de la Justice et celui des
Affaires sociales.

SOS Haïti enfants adoptés n'a cessé de multiplier les démarches depuis
plusieurs mois en vue de permettre l'arrivée des enfants haïtiens en France. A
côté des manifestations de rues et des communiqués de presse, l'avocat de
l'organisation avait, le 31 mai dernier, adressé une sommation interpellative au
Quai d'Orsay pour demander, sous quinze jours, le rapatriement des enfants
adoptés par des familles françaises toujours bloqués en Haïti. Il avait aussi
exigé la mise en place des négociations pour accélérer le traitement des
dossiers des enfants apparentés à des familles françaises à diverses étapes de
la procédure.

« Je me dois de rappeler que le gouvernement ne peut décider unilatéralement de
faire venir sur le territoire français ces enfants, qui sont de nationalité
haïtienne, sans qu'aient été respectées les procédures en vigueur sur le
territoire de la République d'Haïti, dont il convient de respecter la
souveraineté », avait répondu le Quai d'Orsay à la demande de l'avocat. Ajoutant
: «Ces enfants doivent, notamment, se voir remettre un passeport, ainsi qu'une
autorisation de sortie du territoire pour tout enfant ne voyageant pas avec sa
famille biologique. Ces procédures prennent nécessairement un certain temps,
surtout dans un pays en pleine reconstruction ».

Non satisfaits des réponses des autorités françaises, les responsables de SOS
Haïti enfants adoptés avaient décidé de se rendre en Haïti pour rencontrer les
dirigeants haïtiens. Si l'avocat de l'organisation repart satisfait, il a
promis, cependant, de jouer la carte de la prudence. « Je vais garder un
discours prudent jusqu'à ce que le premier groupe d'enfants arrivent en France
», a-t-il dit.

Après cette visite en Haïti, les responsables de SOS Haïti enfants adoptés se
disent sensibilisés davantage sur le sort des enfants Haïtiens après le séisme
du 12 janvier. Le décès de trois des 500 enfants concernés par les procédures
d'adoption en cours par manque de soins appropriés témoigne, d'après eux, de la
gravité de la situation. Sachant qu'un autre enfant du groupe souffre du cancer
du rein et que plusieurs dizaines d'autres sont atteints d'infection de la peau,
Me David Koubbi et Emmanuelle Guerry invitent les autorités des deux pays à agir
avec empressement.

mercredi 7 juillet 2010

Sortie IBESR

Après maint soucis et déceptions, (voyage annulé du au faite que le directeur nous a prévenu que la chambre à la crèche était occupée, on a du annulé tout notre séjour à haïti, pas de réponses à nos messages à la crèche sur les portables pendant 10 jours, pas de budget prévu pour payer une pension à deux ect ...), et un passage de déprime important, enfin une nouvelle très attendue ! Nous savions par le collectif que la doyenne de la Dass haïtienne signait beaucoup de sortie de dossiers depuis une dizaine de jours, et on attendait ... Hier elle a donné son aval pour le notre, notre dossier est donc sortie de l'IBESR. Nous avons reçu l'appel à 1:30 et demi du matin et on était tellement heureux. La prochaine étape pour nous est le jugement, mais en attendant on respire un peu. Nous avons également eue des nouvelles de notre petit coeur et elle va bien. Une amie adoptante va bientot se rendre sur place, et prendre des photos d'elle et lui lire une petite carte que nous lui avons confié. Nous avons ajouté une photo de nous deux avec les ballons de la journée du 12 juin 2010 à trocadéro. Notre voyage est prévu maintenant pour après jugement.

mercredi 23 juin 2010

container débarqué

Nous avons appris il y a deux jours que le premier container de vivres/medicaments/vetements est arrivé à la crèche. Le second container devait arriver hier. Nous devrions avoir d'ici quelques temps des photos de ce déchargement.

Mais revenons en au container ... il etait bloqué depuis des mois, c'est une très bonne nouvelle. La crèche va enfin pouvoir avoir de quoi voir venir, en medicaments comme en nourriture. Les enfants ont pu avoir quelques nouveaux jouets (ils n'en ont pas beaucoup), et j'imagine que c'était un jour de joie dans toute la maison. Pour la première fois nous avons entendu la voix de notre petite pitchoune dire "papa, maman" (les nounous lui apprennent ses mots à repetter, car elle ne sait pas encore ce qu'est un papa et une maman ...), et cela a résonné bien profondémemnt dans notre coeur, c'etait très très émouvant. Une toute toute petite voix, que l'on entendait pour la première fois... magique !

vendredi 18 juin 2010

Ci-dessous le communiqué de presse signé de Maître
David Koubbi en retour de la réponse faite par le Ministère des Affaires au
dépôt de la sommation interpellative.
le Collectif


Paris, le 18 juin 2010
Aff. SOS HAITI ENFANTS ADOPTES / Bernard KOUCHNER

Communiqué de presse

A la suite de la sommation qui a été signifiée à Monsieur le Ministre des
Affaires Etrangères, Bernard KOUCHNER, le 31 mai dernier, nous avons reçu
une réponse navrante du ministère le 16 courant dont copie jointe.

Aucun rendez-vous ne nous a par ailleurs été proposé.

A la lecture de cette correspondance et après analyse, il en résulte une absence
totale et chronique de réponses aux questions qui lui sont légitimement posées.

Dès lors, nous cessons de considérer le Ministre KOUCHNER comme notre
interlocuteur dans ce dossier, mes mandants constatant son incapacité
manifeste à obtenir un règlement rapide, efficace et respectant le droit des
enfants concernés qui tous, je le rappelle, sont d¹ores et déjà apparentés à
des familles françaises.

Ce seul élément suffit à invalider purement et simplement l¹argumentation du
Ministre concerné.

Au surplus, aucune réponse n¹est apportée à la problématique qui concerne près
de 50 enfants munis d¹un jugement d¹adoption, de sorte que nous nous trouvons
aujourd¹hui dans cette incroyable situation aux termes de laquelle, des citoyens
français peuvent aller légalement vivre avec leurs enfants en Haïti, mais ne
sont pas autorisés à les ramener en France.

Cette situation est intolérable et proprement honteuse.

Ainsi, nous avons noué des discussions avec de plus hautes instances, ce qui
n'exclura évidemment pas la mise en cause de la responsabilité du Ministre
KOUCHNER.

Les parents du Collectif SOS HAITI ENFANTS ADOPTES ont été jusque-là proprement
coupés de toute information alors même qu¹il s¹agit de leurs
enfants, alors même que le rapport ROSSET attirait l¹attention du Ministre sur
l'urgence caractérisée et la situation de danger encourue par les
enfants qui demeurent bloqués en Haïti en pleine saison cyclonique.

J'ai reçu mandat d'organiser dans les tous prochains jours, à défaut d'avancée
significative, un déplacement en Haïti avec les familles qui le
peuvent et ceux des journalistes qui le souhaitent, afin que nous fassions en
sorte de ramener les enfants en France.

Nous peinons à croire que d¹autres pays sont parvenus à régler cette situation
et que la France ne saurait faire de même.

Je saisis cette occasion pour préciser que nous poursuivrons sans relâche ce
combat jusqu¹au retour du dernier enfant et nous appelons ceux qui le
veulent à nous rejoindre et à nous aider.


Je vous remercie pour l'attention que vous porterez à la présente et vous prie
de croire en l'assurance de ma considération distinguée.


David KOUBBI

lundi 14 juin 2010

Un couple depuis 2 mois à Haïti témoigne sur Europe 1

Voici le témoignage audio d'un couple d'adoptant ayant tout quitté pour sauver leur enfant Gabriel, qui etait dans des conditions de survie très dangeureuse (crèche écoulée, enfants déplacés, pas d'eau, plus de nourriture ect). Ils ont leur jugement complet mais l'ambassade de France ne leur délivre aucun passeport pour rentrer en France. Le père est non-voyant et la maman a fait une chute pendant son séjour dont elle se remet. Imaginez le calvaire de cette famille. Il y a aussi interwievé par M. O. Fogiel le témoignagne de Maitre David Koubi, avocat de "SOS haiti enfants adoptés".

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/L-homme-du-jour/Videos/Le-pire-est-de-ne-pas-savoir-214252/

PS (reclickez plusieurs fois si necessaire pour raffraichir, la page est un peu lente à s'ouvrir)

dimanche 13 juin 2010

vidéo du lâcher de ballons

http://www.sauvonsles1000.org/2010/06/12/video-du-lacher-de-ballons/

Manifestation Trocadéro 1003 ballons







Quelques photos de la manifestation à la place du Trocadéro samedi, qui a été un beau succès. Il y avaient beaucoup de gens, plus que prévu (des grands parents, membres de la famille, sympatisants etaient très présent aussi), quand on sait que certaines personnes ont traversés la France entière pour être à ce rendez vous, c'est une preuve que la mobilisation grandit.
(J'ai pris des photos au hasard, souvent au dessus des têtes en me haussant sur la pointe des pieds, à ce propos si des personnes se reconnaissent et ne veulent pas figurer sur le blog, merci de me le dire, je retirerai la photo en question biensur).
Les noms des enfants de la crèches etant rapatriés etaient écrit sur des ballons verts, ceux des enfants encore en Haïti écrit sur des ballons rouges, et 3 ballons blanc pour les pauvres enfants qui ont succombés avant le jugement d'adoption.
Tous les gens que nous avons rencontrés sur place étaient très sympatiques, il y avait une super ambiance. Nous avons pu parler de notre fille avec Emmanuelle Guery porte parole de SOS haiti enfants adoptés, et Patricia Durand qui etaient sur place en mars et Avril. Nous leurs devons beaucoup, en particulier d'avoir alerté les medias sur des conditions de survie en dessous de tout, et mené en live des reportages décrivant la vie très rude dans les camps des crèches après séisme.
Je dois avouer qu'au moment où ma main a laché le ballon de notre pitchoune, j'ai ressentie une forte émotion, comme si je la poussais, et l'aidais à se libérer de tous ces obstacles qui la retienne en Haïti, ... son pays il est vrai mais où elle n'a aucune chance de survie si elle restait, et ... entendre les voix autour qui s'exclamaient du spectacle.
Vraiment un beau moment d'espoir, et je remercie tout ceux qui l'ont organisés.

vendredi 11 juin 2010

Une petite photo de Mai




Une photo de notre petite fleur prise en mai, à côté de son nounou. Nous sommes entrain de choisir les dates de billet d'avion, pour le mois d'Août. J'ai deja la tête plein d'images à venir, et plein de préparatifs. Ce n'est plus si loin et pourtant il y a des jours ou on n'en peux plus d'attendre, même si attendre est normal, même si on ne peut rien faire d'autres, il y a des jours ou c'est moins supportable que d'autres. Ce voyage biensur mettra un terme à cette attente pour en retomber dans une autre plus après, mais ce ne sera deja plus la même chose. Je rêve de remplir son petit coeur d'enfant et le notre d'instants précieux, et magiques qui effaceront les mois douloureux. Je rêve d'oublier quelques jours tous ces soucis d'adultes sous ses rires cristalins d'enfants et pouvoir "engranger" les premiers souvenirs de notre famille.

jeudi 10 juin 2010

lâcher de ballons 12 juin

Nous rejoindrons samedi la manisfestation organisé par SOS haïti enfants adoptés. Un lâcher de ballons aura lieu à Paris sur la place du Trocadéro (500 ballons rouges pour les enfants adoptés encore en haïti en attente, et 3 ballons blancs pour les enfants décédés dans les crèches après le séisme par manque de soins.
Toute personne qui sympatisent avec cette demarche peut venir nous rejoindre.

jeudi 3 juin 2010

Bernard Kouchner, mis en demeure

SOS HAITI ENFANTS ADOPTES : Le Ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, mis en demeure
Hier, notre avocat Me David Koubbi a adressé une sommation interpellative au Quai d’Orsay pour demander, sous quinze jours, le rapatriement des enfants adoptés par des familles françaises toujours bloqués en Haïti (43 aujourd’hui) et que soient mises en place des négociations pour accélérer le traitement des dossiers des 430 enfants apparentés à des familles françaises à diverses étapes de la procédure.

Trois enfants en cours d’adoption sont morts en Haïti depuis le séisme du 12 janvier, la saison cyclonique, annoncée comme terrible, et son lot de risques sanitaires a débuté, le rapport Rosset préconise, devant les conditions de survie des enfants, une accélération des procédures. Et pourtant, l’Etat français reste toujours sourd aux dangers encourus par ces enfants.

Confrontés à l’inertie des autorités françaises, nous les plaçons, encore une fois, de manière solennelle, devant leurs responsabilités. Nous exigeons, qu’à l’image de ce qui a été fait dans les autres pays, une décision politique forte tienne enfin compte du sort de ces 500 enfants.

interview sur France5 me Koubi et E. Guerry

Voici une emission sur France 5 ou Emmanuelle Guery le porte parole du collectif haïti enfants adoptés du 2.06.2010. Merci à eux pour cette interview qui résume parfaitement la situation vis à vis du Ministère des affaires etrangères et la demande faite par maitre Koubi aux nom des adoptants.

(sur la vidéo à partir de la 14 mn jusqu'à la 23 ième.)

http://www.france5.fr/c-a-vous/?page=videos&integrale=629

vendredi 28 mai 2010

Communiqué SOS haïti enfants adoptés

SOS Haïti Enfants Adoptés : Un 3ème enfant est mort. Le Ministère des Affaires Etrangères laisse les enfants adoptés et leurs familles livrés à leur propre sort.


Un troisième enfant en cours de procédure d’adoption est mort la semaine dernière en Haïti. Le gouvernement français fait trop peu, et peut être plus rien, pour les 500 enfants haïtiens à diverses étapes de la procédure d’adoption par des familles françaises et toujours en Haïti 4 mois après le séisme. Et ce, en dépit des soutiens émanant de multiples députés et sénateurs français.

Devant cette situation intolérable, le Collectif SOS Haïti Enfants Adoptés a officiellement mandaté Maître David Koubbi, du Cabinet 28 octobre, qui a soutenu son action depuis les premiers jours, pour entamer une démarche amiable et, à défaut, judiciaire, dont le résultat attendu sera l’arrivée de l’ensemble des enfants en cours de procédure d’adoption en Haïti sur le sol français, dans les plus brefs délais.
......
Le gouvernement français reste ainsi sourd aux dangers annoncés par la Mission sur les adoptions en Haïti mandatée par ses propres soins. Les experts envoyés en Haïti soulignent dans leur rapport, remis ce 18 mai, la précarité des conditions de vie de ces 500 enfants et les dangers auxquels ils sont confrontés. Au vu de la situation, ils recommandent même, comme le réclame depuis le début le Collectif SOS Haïti Enfants Adoptés, d’«accélérer» les procédures. 
La France, à la différence de bien d'autres pays, n'a pas encore mis en place les moyens adéquats permettant de résoudre cette situation insupportable. L’étude des dossiers prenait près de deux ans en temps normal. Compte tenu de “l'état de survie de l'administration haïtienne” (selon Monsieur Bernard Kouchner lui-même), les délais vont assurément augmenter. La France condamne donc près de 500 enfants déjà apparentés à des familles françaises à affronter durablement des conditions d’hygiène et de sécurité chaque jour plus difficiles. Combien d’autres enfants devront mourir pour que le nécessaire soit fait ?

samedi 15 mai 2010

le carton comme chaise haute



Une autre photo de toi petite biche pour le plaisir, cette photo est partout avec nous, dans la voiture, à la maison, au bureau, elle nous accompagne, et on ne se lasse pas d'aimer ton magnifique regard. une dame qui s'est occupée de toi au centre de soin avec qui j'ai parlé, nous a dit que tu étais adorable, et très affectueuse, et avait un caractère de "fille" bien affirmée déja, jouant activement avec tes poupées et fesant "la maman" chef avec les autres plus petit (du haut de tes 18 mois ...). Maintenant de retour à la crèche et on espère que tu garderas ces bonnes joues. Nous esperons vraiment pouvoir venir te voir bientot cet été et te tenir dans nos bras. On arrive bientot petit coeur.



Une petite photo pour le plaisir, que l'on a eue par une des aides et nourrices du centre de soin, on a bien aimé cette photo, elle est tellement drole. Les petits timouns sont chacun dans un carton pour manger tranquilement avec leurs assiettes et que les miettes ne se perdent pas par terre. C'est bien ingénieux et l'idée est très bonne, cela fait aussi bien qu'une chaise haute, et bébé est bien assis protégé dans son carton. Et puis quand on a pas de sous on a des idées et à Haïti, on fait de tout avec rien, on sait tout reparer et trouver des solutions pour tout. Bref on connaissait le panier de linge qui sert de berceau mais le carton c'est vraiment nouveau, nous on y aurait pas pensé :).
Alyssia est donc occupante du carton du haut, très concentrée à avaler un morceau de quelque chose. Nous adorons cette photo, elle est trop à croquer là dessus.

mercredi 28 avril 2010



Sur cette photo Alyssia est avec jimmy, un nounou etudiant. Ce jeune homme de 18 ans a pour l'anectode sauvé sa vie in extremis lors du seisme, en sautant par la fenêtre d'une fenêtre du lycée. Nous parlons souvent au téléphone avec lui.
Notre petite bichette est toujours en centre de soin, nous n'avons pas de nouvelles directes, rien de nouveau pour l'instant. Il y a quelques jours notre petite chérie a eue 18 mois, et comme elle a changé en l'espace de ces derniers mois ! Je mets ces photos prises par Patricia Durand du collectif haiti qui s'est rendue sur place pour aller voir Alyssia au début avril.

mercredi 14 avril 2010





Avec ce petit mot je voudrais souhaiter la bienvenue à Biskiline et Léonie qui sont arrivées en France avec leur parents (nos amis) Isabelle et Eric. Elles se sont tout de suite aclimatées et sont adorables selon le récit de leurs papa. Ces petites puces étaient dans la même crêche que notre bichette et j'espère qu'elles joueront toutes ensembles à nouveau le plus tôt possible. Je tiens ici à remercier encore une fois leurs parents d'avoir fait spécialement le trajet (deux heures de route) là bas pour aller voir notre petite Alyssia à l'hopital, accompagnés du directeur de la crèche et de deux nounous. Ils l'ont fait spontanément, et n'étaient pas tenus de le faire, par simple amitié et solidarité.





Egalement un grand merci à tous les parents (Patricia, Emmanuelle, Stephane, et quelques autres dont je ne me souviens pas le prénom et je leur prie de m'en excuser) qui sont partis en Haïti (certains pour la deusième fois déja) afin d'aider les enfants et les crêches sur place, essayer de déméler les blocages administratifs. Ils m'ont transmis eux aussi un rapport sur l'état de santé d'Alyssia qu'ils ont été voir à l'hopital et quelques photos. Ils font un travail de titan et entièrement à leurs frais, simplement pour aider et sauver des vies. Certains n'ont même pas pu voir leurs propres enfants, car trop peu de temps à leur offrir et ne voulaient pas par une visite "éclair" ni les brusquer et ou les attrister. Je tiens à leur exprimer encore tout notre respect et notre gratitude pour ce travail entièrement altruiste et plus que généreux.

mardi 13 avril 2010






Voici 3 photos magnifiques qu'isabelle et Eric des amies adoptants dans notre crèche Kay tout Timoun ont prises pour nous. Notre petite princesse qui revenait juste de l'hopital, a l'air si triste. Nous t'envoyons en pensée tout l'amour que nous pouvons, mon petit coeur. Maman et Papa t'aiment si fort.

lundi 12 avril 2010

Hospitalisation de nouveau

A nouveau l'inquiétude pour notre petit coeur qui a été hospitalisé quelques jours à l'hopital américain, pour problème de diarrhées aigue et deshydratation, et gros probleme de malnutrition, mais aussi crise d'anoréxie. Elle a été ensuite placée dans un centre de convalescence tenu par une canadienne, un foyer qui accueillent des enfants malades (dont beaucoup ont de graves maladies HIV ect) à Haïti. La responsable du centre, a écrit un article sur son blog sur Alyssia, et postée une photo d'elle. Sous la photo elle explique que la petite arrive maintenant a tenir debout toute seule sur ses jambes et à avoir la force de se tenir avec les mains à l'escalier. Quand j'ai vu cette photo d'Alyssia qui a 16 mois se retient pour ne pas tomber, toute maigre avec son gros ventre, les yeux perdus, mon coeur s'est retourné, je crois que je ne pourrai jamais oublier cette photo, elle est ancrée. On en est arrivé au point où notre fille est "regonfflée" à l'hopital tous les mois pour pouvoir tenir le coup et retombe dans les semaines qui suivent, sans force (ils n'ont que du riz et de la poix à manger avec un peu de lait), et aussi pour un probleme ou une maladie qui lui a été transmise par le lait maternel au depart. Mais ici où tout manque, on ne peut pas traiter sa maladie, il n'y pas les médicaments pour cela. Quand à l'anorexie, après avoir été ballotée dans des hopitaux differends à chaque fois et perdre tous ses repères, qui s'en ettonnerait ? Les médecins comme les nourrices ou ceux qu'ils l'ont rencontrés nous l'ont tous dit : C'est une petite fille adorable et elle a besoin de l'amour d'une famille et un entourage sain pour guérir.
Une autre petite fille d'adoptant est morte dans une crèche cette dernière semaine, d'un rhume ... faute d'avoir pu avoir des medicaments pour la soigner. Elle s'appellait Emma. Depuis les aides étrangères et hopitaux mobiles ont quittés haiti, les crèches comme les hopitaux locaux manquent de tout... les enfants les plus fragiles tombent comme des mouches, sous l'indifference du gouvernement, qui bloquent toujours 500 enfants d'adoptants francais.
Une personne revenu d'Haïti il y a 2 semaines m'a apprit qu'il y avait en faite 2 enfants décédés de plus dans les crèches depuis le petit Simon, mais que les parents sous le choc ne l'avaient pas encore fait savoir.
Ecrire tout ceci sur ce blog, servira peut etre au moins à une chose : si vous lisez ces lignes et qu'on essaie de vous faire croire que tout va bien maintenant pour les enfants haitiens adoptés, n'en croyez rien ! Ces enfants sont en survie et à bout de force.
Biensur il y a des enfants qui ont faims et sont malades dans le monde partout ailleurs, mais pour ces enfants là on (le minist.des Affai. Etrang) avait la possibilité de les sauver, ... dailleurs ils en ont toujours les moyens... et c'est cela qui est impardonnable.
Je posterai des photos plus tard, car je veux que ce blog soit celui de la vie et non celui de la tristesse. Notre petit coeur est magnifique et comme elle a changé ! Même si à presque 17 mois elle ne marche toujours pas (ce qu'on a finit par comprendre !), elle se bat avec ses petites forces pour ne pas être oublié, c'est une enfant magnifique.

jeudi 25 mars 2010



J'aurai aimé écrire des messages à l'image du printemps, mais je ne crois pas que se soit encore le moment, les nouvelles sont tristes pour certains parents, et je tiens à partager un peu de leurs chagrins par solidarité.

Un petit garçon de 3 ans est mort le 22 mars dernier, en haïti, il n'a pas supporté la malnutrition, la vie sous les tentes dans un terrain vague et puis l'hospitalisation où la directrice de la crèche n'a pas pu trouver à temps les médicaments. Ses parents l'attendaient en France depuis 2 ans, il s'appelait Simon/Jefthe. En sa mémoire, et parceque tous les enfants d'adoptants en ce moment en haïti, sont en danger comme lui, ses parents, très courageux, ont écrit une lettre à tous les politiques qui ont décidés de bloquer les rapatriements, ... mais qui est aussi dédiée à tous ceux qui croient qu'il n'y a plus d'urgence maintenant en Haïti ...

repiqué du site SOShaïtienfantsadoptés :

Voici la lettre de ses parents :

Lettre ouverte à M. Sarkozy, M. Fillon, M. Kouchner, Mme Morano, …

Le 24 mars 2010

Simon n’a pas eu la force de nous attendre…

Nous sommes un couple qui était en cours d’adoption en Haïti au moment du séisme. Simon, l’enfant que nous attendions depuis bientôt 28 mois, vient de mourir par la faute des décisions de l’Etat français, prises soi-disant « au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant ».

La décision de communiquer sur la mort de Simon a été extrêmement difficile à prendre, par pudeur et par respect pour lui et parce que cela ne correspond pas à nos valeurs. Mais, nous n’avons pas le choix car près de 600 enfants apparentés à des familles françaises depuis des mois, des années, sont toujours en Haïti et risquent le même sort que notre petit garçon.

Pour nous, Simon était notre fils depuis plus de deux ans. La procédure d’adoption étant très longue, nous n’avions toujours pas le jugement quand la terre a tremblé en Haïti. Simon n’a pas été blessé lors du séisme. Ce n’est donc pas directement cette catastrophe que l’on peut tenir pour responsable. En trois ans de vie, ce petit bonhomme a connu l’abandon de ses parents de naissance, la faim, un terrible tremblement de terre, trois semaines dans un terrain vague, quelques jours dans un lieu enfin plus propice, un mois d’hôpital et l’attente interminable de ses parents, nous, qui n’ont pas pu venir le chercher.

Depuis plus de deux mois maintenant, l’Etat français campe sur ses positions, sans tenir compte de la réalité en Haïti. On nous dit que tout est en train de se normaliser et que les procédures peuvent reprendre. Au nom de « l’intérêt supérieur de l’enfant », on entend que les enfants ne sont pas à un mois près. Dans le seul intérêt de valider son idéologie, M. Kouchner s’entoure de certains psychologues ou psychiatres allant dans le même sens que lui, sans entendre ceux qui ont des analyses diamétralement opposées. Ceux qui ont pris position pour bloquer le retour rapide des enfants pourraient-ils nous parler du traumatisme d’un deuxième abandon, que Simon a dû ressentir en ne nous voyant pas venir ?

Bernard Kouchner a dit le 4 mars : « La situation a changé et maintenant, on peut plus prendre soin des enfants, parce que la crise est passée et que maintenant, nous devons prendre soin des enfants autrement qu’en les mettant dans des avions pour arriver en France. »

En ce qui concerne Simon, nous avions un certificat médical, établi le 22 janvier 2010 par un pédiatre français, qui avait rendu visite aux enfants de la crèche en octobre 2009. Il décrivait Simon comme à risque. « J’ai constaté un grand retard staturo-pondéral […]. Ce retard de croissance était la conséquence d’une malnutrition antérieure, ce qui lui confère une grande fragilité vis-à-vis des infections. […] Suite aux évènements récents en Haïti (le tremblement de terre), les conditions d’alimentation et d’hydratation des enfants de la crèche et tout particulièrement celles de Jephté/Simon vont devenir problématiques, ce qui le met en grand danger. Son état de santé justifie donc qu’il soit prioritaire pour un rapatriement. » Tout était dit. Ce certificat a été envoyé au Ministère des Affaires Etrangères rapidement après le séisme.

Tout au long de ces deux mois, tous les niveaux de l’Etat ont été informés de la fragilité de notre petit garçon et de l’évolution de sa situation, son hospitalisation. La directrice de la crèche a prévenu de son côté le consulat. Mais rien n’a été fait pour lui.

Alors, qu’on ne vienne pas nous dire « on ne savait pas, on ne pouvait pas prévoir ».

Simon a été hospitalisé pour une infection pulmonaire, contractée à cause des conditions de vie subies pendant les trois semaines dans un terrain vague, juste après le séisme, à l’humidité, la poussière, parmi les mouches et les moustiques.

Nous pensions qu’à l’hôpital, il allait bénéficier de soins appropriés. Naïfs, nous imaginions qu’avec les aides humanitaires, les hôpitaux étaient pourvus en médicaments adaptés. Mais il faut savoir que c’est aux patients de trouver les médicaments par leurs propres moyens, dans les différentes pharmacies.

Quand le cas de Simon s’est aggravé, c’est donc la directrice de la crèche qui a tout fait pour trouver ce qui lui était nécessaire. Quand elle l’a enfin trouvé, il était trop tard.

Voici une partie du mail qu'elle nous a adressé le 22 mars : « Tout ce que je souhaite actuellement, c'est que les enfants rejoignent le plus rapidement possible leur famille adoptive car ici, la vie devient de jour en jour extrêmement difficile. En ce moment, il n'y a plus d'hôpitaux militaires français et américains, il faut faire avec ce qu'on trouve localement ici en Haïti. »

Alors non, M. Sarkozy, M. Fillon, M. Kouchner, Mme Morano etc, tout ne rentre pas dans l’ordre en Haïti. Non, les enfants n’ont pas le temps d’attendre. Non, on ne prend pas soin d’eux, par exemple : pas de recensement précis et de prise en charge médicale des enfants qui ne bénéficient pas encore d’un jugement et qui sont malades.

Depuis le départ, les parents adoptants sollicitent l’arrivée des enfants, en toute transparence, afin qu’ils soient pris en charge d’urgence pendant que se poursuivent et se terminent les procédures de manière tout à fait légale.

On nous rétorque qu’il faut prendre des précautions. Par exemple Bernard Valéro, porte parole du Quai d’Orsay, dit le 22 janvier : « Nous avons pris toutes les précautions possibles de manière à éviter toute erreur, parce que si on fait une erreur, c’est sur un enfant que ça tombe et on ne peut pas se permettre de prendre le moindre risque ».

A l’époque, il parlait du risque de se tromper sur l’identité d’un enfant et de l’évacuer en France, alors qu’il n’était pas en cours d’adoption.

Pourtant, la fin de cette citation est malheureusement aujourd’hui d’actualité, Simon est mort du mauvais usage du principe de précaution : il n’y a pas d’erreur possible, tous les enfants en cours d’adoption sont recensés depuis longtemps et pour chacun d’entre eux, un consentement d’abandon, sans lequel un apparentement n’est pas possible, est signé par les parents biologiques. Cela fait plus de deux mois maintenant que la terre a tremblé, et les enfants sont toujours dans les crèches. Ils n’ont pas été repris, comme certains semblent le dire, par leurs parents de naissance. Ils n’ont pas de famille élargie qui pourrait s’occuper d’eux, sinon ils n’auraient pas été en crèche depuis tout ce temps.

Il faut revenir au bon sens, il s’agit d’une situation tout à fait exceptionnelle, une situation d’urgence qu’il faut que la France reconnaisse. Ce n’est pas le moment d’une bataille idéologique sur l’adoption en général.

Si nous avions été belges, hollandais, américains, canadiens, luxembourgeois… ce petit bonhomme découvrirait le printemps avec nous. Il ne saura jamais ce qu’est le printemps en France.

Ce décès aurait pu et aurait dû être évité. Il faut empêcher que d’autres enfants ne meurent parce qu’on n’a pas su traiter leur dossier à temps !

Si enfin, l’Etat pouvait revenir sur ses décisions et négocier, comme d’autres ont su le faire, l’évacuation de tous les enfants apparentés à des familles françaises, Simon resterait le seul d’entre eux à avoir été une victime post-séisme. Cependant, il ne faudra jamais dire que Simon n’est pas mort pour rien. Simon n'est pas mort "pour", il est mort "à cause"...!

Surtout que la France ne cherche pas à rejeter la faute sur les responsables des crèches, sur l’Etat haïtien ou sur la fatalité. Contrairement à de nombreux pays, la France n’a pas fait évacuer ces enfants, seul le gouvernement français est responsable !

Les PARENTS de JEPHTE/SIMON